Par Keith Martin, directeur général de l’Association canadienne des institutions financières en assurance
Lorsque les propriétaires canadiens songent à protéger l’avenir financier de leur famille, beaucoup concentrent leurs efforts sur le remboursement de leur prêt hypothécaire, l’épargne, et la gestion quotidienne de leur budget. Cependant, une nouvelle étude nationale révèle que les gens abordent les risques financiers de manière très différente. Certains se sentent bien préparés pour faire face à l’imprévu. D’autres s’inquiètent de ne pas pouvoir subvenir à leurs besoins en cas de perte d’emploi, de maladie, ou de tout autre événement qui perturberait leurs revenus. Pour mieux comprendre ces différences, l’ACIFA s’est associée à Pollara Strategic Insights afin de réaliser la première étude canadienne de segmentation sur les connaissances, les attitudes, et les comportements en ce qui concerne l’assurance protection de crédit (APC) chez les détenteurs de prêts hypothécaires et de marges de crédit hypothécaire (MCH). Plus de 3 000 Canadiens y ont participé.
Importance de cette recherche
L’étude a permis de définir cinq segments distincts de la population, mais une conclusion essentielle ressort : la vulnérabilité financière peut toucher qui que ce soit, indépendamment de l’âge de la personne, de ses revenus, ou de la stabilité de son ménage. L’étude met en évidence les points suivants :
- La moitié des détenteurs d’un prêt hypothécaire ne pourraient pas maintenir leur mode de vie actuel pendant six mois sans leur revenu principal.
- Seulement 38 % se disent confiants de pouvoir continuer à rembourser leur prêt hypothécaire si le principal soutien financier perdait son emploi.
- De nombreux propriétaires ne sont pas certains de bien comprendre tous les détails de leur assurance protection de crédit, notamment le début et la fin de la couverture.
Ces données sont utiles pour comprendre les divers groupes de propriétaires définis dans l’étude, et l’importance des discussions sur la protection.
Cinq segments qui reflètent de véritables expériences canadiennes
La recherche a permis de définir cinq grands groupes qui reflètent des réalités financières distinctes et divers niveaux de confiance chez les propriétaires canadiens. Il ne s’agit pas de catégoriser les personnes, mais plutôt de présenter des exemples qui aident à comprendre à quel point chacune se prépare différemment pour faire face aux imprévus.
Le fait de trouver le segment qui vous semble le plus familier peut vous aider à réfléchir à votre propre résilience financière et aux types de protection qui pourraient, ou non, répondre à vos besoins.
1. Le planificateur confiant
Ce groupe, qui représente environ un quart des détenteurs de prêts hypothécaires et de MCH, se sent relativement en sécurité. Ces personnes ont souvent des placements, gèrent leurs finances de manière proactive, et planifient leur retraite bien à l’avance. Malgré leur préparation, bon nombre d’entre eux continuent de s’inquiéter à propos de la sécurité de leur emploi ou de la durée pendant laquelle ils pourraient maintenir leur mode de vie si leurs revenus changeaient de manière imprévue.
Importance de cette situation : Même les ménages aisés peuvent être exposés à des risques auxquels ils n’ont peut-être pas pleinement réfléchi. Il s’agit notamment de la perte de revenus et de l’incertitude quant à l’efficacité des protections dont ils disposent. Ainsi, les ménages sans assurance peuvent être amenés à évaluer la pertinence d’une couverture, tandis que les ménages déjà assurés peuvent être amenés à déterminer si leur protection actuelle est suffisante en cas de perte de revenus.
2. Le réaliste anxieux
Les réalistes anxieux sont souvent confrontés à un stress financier. Ils ont généralement des dettes plus importantes, doutent de leurs connaissances financières, et s’inquiètent de ne pas pouvoir gérer leurs factures en cas de problème. Bon nombre reconnaissent l’importance de la protection financière, mais se heurtent à des difficultés liées à l’abordabilité et aux priorités concurrentes.
Importance de cette situation : En raison des difficultés financières et de la flexibilité limitée de ce groupe, même une perturbation mineure pourrait avoir des conséquences immédiates. L’abordabilité est un obstacle majeur, donc le fait de comprendre quelles protections sont à leur portée et à quels types de soutien ils peuvent déjà être admissibles peut les aider à prendre des décisions éclairées sans pression supplémentaire.
3. L’investisseur tendu
Les investisseurs tendus sont dans la période de leur vie où leurs revenus sont les plus élevés, et doivent souvent concilier plusieurs obligations financières, comme un prêt hypothécaire, une MCH, des frais de garde d’enfants, ou des propriétés secondaires. Certains détiennent déjà une APC, mais doutent de la valeur que ce produit leur offre. D’autres n’ont tout simplement pas revu leur couverture depuis des années.
Importance de cette situation : Compte tenu des nombreuses responsabilités financières, une interruption imprévue des revenus pourrait créer d’importantes difficultés. Des informations claires sur ce que couvre l’assurance protection de crédit et sur la manière dont elle aide à continuer de rembourser les dettes lors d’un événement couvert peuvent aider les membres de ce groupe à déterminer si la protection dont ils bénéficient ou qu’ils envisagent de souscrire répond à leurs besoins.
4. Le bâtisseur stable
Les bâtisseurs stables se consacrent aux questions financières et privilégient la stabilité à long terme. Certains ont une APC, d’autres non, et bon nombre en ont une opinion neutre, sans être ni fortement favorables ni fortement opposés au produit. Ils sont prudents, et leur opinion sur les assurances repose souvent sur la clarté, la confiance, et sur leur degré de compréhension du produit.
Importance de cette situation : De nombreux Canadiens de ce groupe sont ouverts à l’idée de la protection financière, mais souhaitent obtenir des explications claires et sans jargon afin de pouvoir prendre des décisions éclairées.
5. Le traditionaliste aisé
Les membres de ce groupe sont généralement plus âgés, possèdent davantage d’actifs, ont moins de personnes à charge, et affichent une plus grande confiance financière. Ils ne voient peut-être pas la nécessité de l’APC, mais continuent à attacher de l’importance à la protection de leur plan de retraite ou au maintien de leur stabilité pendant leur vieillesse.
Importance de cette situation : Même les ménages qui bénéficient d’une certaine sécurité financière ne peuvent pas tout prévoir, notamment en ce qui concerne le remplacement du revenu, la planification à long terme, et la manière dont les divers types d’assurance fonctionnent ensemble.
Conclusion et perspectives
À l’ACIFA, nous croyons que pour donner aux Canadiens les moyens d’agir, il faut d’abord leur fournir des informations claires et accessibles. Lorsque les consommateurs comprennent les diverses expériences décrites dans ces cinq segments, ils peuvent mieux déterminer leur propre stratégie pour atteindre la sécurité financière, en fonction de ce que ce concept représente pour eux.

