Par Keith Martin, directeur général de l’Association canadienne des institutions financières en assurance
Pour de nombreux Canadiens, être propriétaire de leur logement est synonyme de stabilité, de sécurité, et d’un pas vers le bien-être financier à long terme. Cependant, une nouvelle étude nationale révèle que derrière les apparences, un nombre croissant de propriétaires sont loin de se sentir en sécurité.
L’ACIFA s’est associée à Pollara Strategic Insights pour mener un sondage auprès de plus de 3 000 Canadiens qui détiennent un prêt hypothécaire ou une marge de crédit hypothécaire (MCH). Les résultats constituent un important rappel à la réalité sur le degré de préparation, ou de manque de préparation, de nombreux ménages canadiens face à un changement soudain de revenus.
Un grand nombre de Canadiens pourraient tenir seulement quelques mois
Un des constats les plus évidents de cette étude est la marge financière très réduite dont disposent de nombreux propriétaires.
La moitié des répondants ont déclaré qu’ils pourraient maintenir leur mode de vie actuel pendant moins de six mois si leur principale source de revenus devait disparaître. Le même nombre ont déclaré qu’ils auraient de sérieuses difficultés à payer leurs factures si le principal soutien financier de leur ménage ne pouvait plus travailler.
Le sondage indique qu’un grand nombre de Canadiens ne sont qu’à quelques payes de devoir prendre des décisions difficiles concernant leurs versements hypothécaires, les soldes de leurs cartes de crédit, leurs épiceries, ou la garde de leurs enfants.
Les niveaux d’endettement accentuent la pression
Être propriétaire entraîne souvent des dettes importantes, mais l’étude montre à quel point ces obligations sont lourdes pour de nombreuses familles :
- Un prêt hypothécaire moyen d’environ 221 000 $
- Solde moyen d’un MCH d’environ 54 000 $
- Près de 40 000 $ de dettes supplémentaires, comme des cartes de crédit, des prêts automobiles, ou des prêts personnels
Compte tenu de l’augmentation du coût de la vie, des fluctuations des taux d’intérêt, et de l’incertitude économique, il n’est pas surprenant que 44 % des propriétaires déclarent que la situation économique actuelle détériore leurs finances.
Le stress financier atteint bien plus de ménages que ceux à faibles revenus
Une conclusion importante de cette étude est que la vulnérabilité financière ne se limite pas aux personnes à faibles revenus.
Même les propriétaires dont le revenu du ménage se situe entre 120 000 $ et 250 000 $ affirment subir des pressions similaires :
- Difficulté à épargner régulièrement
- Gérer plusieurs types de dettes
- Se soucier de la perte d’emploi
- Incertitude quant à la période pendant laquelle ils pourraient tenir sans revenus
Un revenu plus élevé ne signifie pas toujours une plus grande résilience financière. De nombreux Canadiens, quels que soient leurs revenus, sont confrontés aux mêmes incertitudes financières.
Un fossé entre inquiétude et préparation
La constatation la plus préoccupante est sans doute le décalage entre le niveau d’inquiétude des propriétaires et leur niveau de préparation.
Beaucoup de gens craignent les conséquences d’une perte d’emploi ou d’une maladie soudaines, et pourtant :
- Seulement environ un tiers estiment avoir de bonnes connaissances sur la planification de l’avenir
- Un grand nombre ne comprennent pas pleinement ce que couvre leur assurance actuelle
- Un nombre considérable ne savent pas combien de temps leur assurance vie durerait si elle devenait nécessaire
Ce manque de connaissances augmente le stress et peut exposer les familles à davantage de risques qu’elles ne le réalisent.
Mesures que les propriétaires peuvent prendre
Bien que personne ne puisse prédire l’avenir, de petites mesures pratiques peuvent aider les Canadiens à renforcer leur filet de sécurité financière :
- Connaissez vos comptes : faites le point sur vos dettes totales, vos versements mensuels, vos sources de revenus, et la durée pendant laquelle vos économies suffiraient pour subvenir aux besoins de votre foyer si vos revenus changeaient soudainement.
- Vérifiez votre filet de sécurité : il s’agit notamment de vos économies d’urgence, des avantages sociaux offerts par votre employeur, et de toute assurance dont vous disposez déjà, comme l’assurance vie, l’assurance invalidité, l’assurance perte d’emploi, ou tout autre type d’assurance.
- Posez des questions claires et simples. : si vous ne savez pas exactement ce que couvre votre assurance, demandez à votre institution financière ou à votre conseiller de vous l’expliquer en termes simples, avec des exemples concrets.
- Préparez un plan « au cas où » : réfléchissez à l’avance à la manière dont vous feriez face à une perte d’emploi, une maladie, ou une dépense imprévue. Cette démarche peut vous aider à réduire votre anxiété et à mettre en évidence vos lacunes.
Vers une plus grande confiance financière
À l’ACIFA, nous pensons que pour prendre des décisions éclairées, il faut disposer d’informations claires et accessibles. La vulnérabilité financière n’est pas un échec personnel. Elle est souvent le résultat de l’augmentation des coûts, de conditions économiques imprévisibles, et des réalités de la vie moderne.
Par la révélation de ces tendances, l’étude de Pollara vise à aider les Canadiens à mieux comprendre leur situation, à poser les bonnes questions, et à avoir davantage confiance en leur capacité à protéger leur foyer.

