Date : 9 octobre 2025
Le 9 octobre 2025, l’ACIFA a organisé un webinaire intitulé Webinaire de l’ACIFA sur les résultats de l’étude de Pollara sur la segmentation : Profils des consommateurs dans le domaine de la protection du crédit – une présentation exclusive par Pollara, avec Lesli Martin, vice-présidente principale, Pollara Strategic Insights. Le directeur général de l’ACIFA, Keith Martin, a entamé le webinaire en remerciant tous les participants et en présentant l’analyste de recherche de l’ACIFA, Robyn Jennings. Il a expliqué qu’au début de 2025, l’ACIFA a demandé à Pollara de mener un sondage auprès des détenteurs d’APC afin de mesurer la perception du grand public à l’égard de ce produit. Le webinaire a porté sur les principales conclusions de ce sondage. R. Jennings a ensuite présenté Lesli Martin, responsable des divisions d’analyse des consommateurs et des services financiers de Pollara, ainsi que des pratiques spécialisées dans les dossiers de santé et de réputation. Avant de se joindre à Pollara, L. Martin était chercheuse principale et responsable de comptes chez Léger et comScore, et a dirigé les services de recherche chez Sears, Cossette, et Great Gulf Homes. Elle a rédigé des articles scientifiques publiés dans des revues médicales évaluées par des pairs, telles que Healthcare Quarterly, et ses recherches ont paru dans la plupart des journaux canadiens ainsi que dans Marketing Magazine. L. Martin détient un baccalauréat en communication d’entreprise de l’Université Brock.
Avant de commencer le segment présentation du webinaire, R. Jennings a souhaité la bienvenue à plusieurs invités de marque, notamment
les 14 entreprises membres et les 12 entreprises associées de l’ACIFA; des associations sectorielles connexes, telles que l’Association canadienne des compagnies d’assurances de personnes (ACAP) et l’Association canadienne de l’assurance voyage (ACAV); la société d’études sur les assurances LIMRA; et plusieurs organismes de réglementation des assurances et des services financiers et organismes d’élaboration des politiques, dont les suivants :
- Insurance Council of BC
- Ministère des Finances de la Colombie-Britannique
- Insurance Council of Manitoba
- Autorité ontarienne de réglementation des services financiers (ARSF)
- Autorité des marchés financiers (AMF), du Québec
- Gouvernement de la Nouvelle-Écosse
- Agence de la consommation en matière financière du Canada (ACFC)
- Ministère fédéral des Finances, gouvernement du Canada
R. Jennings a ensuite demandé à L. Martin de présenter l’étude. L. Martin a expliqué la méthodologie utilisée dans le cadre de cette étude, qui consistait à mener un sondage auprès de 3 521 Canadiens détenteurs d’un prêt hypothécaire ou d’une MCH. Cette population comprenait à la fois les personnes qui détenaient une APC et celles qui n’en détenaient pas. L’objectif de ce sondage était de permettre de mieux comprendre les propriétaires canadiens ainsi que leurs opinions sur l’APC et l’assurance vie en général.
L’étude de segmentation menée par Pollara a permis de définir six groupes distincts parmi les détenteurs de prêts hypothécaires et de MCH au Canada. Les quatre premiers groupes présentent un intérêt particulier :
- Le planificateur confiant : représente une part importante du marché et est susceptible de renouveler/souscrire une APC.
- Le réaliste anxieux : représente une part importante du marché et pourrait bénéficier de l’APC.
- L’investisseur tendu : détient une APC, en est satisfait, et représente une part importante de la clientèle de l’APC.
- Le planificateur stable : certains détiennent une APC, d’autres non. Ceux qui détiennent une APC sont susceptibles de la renouveler.
- L’épargneur établi : ne ressent pas le besoin de détenir une APC et n’est pas susceptible de souscrire.
- Le traditionaliste aisé : peut envisager l’APC pour des raisons pratiques, mais la probabilité de souscription est faible.
Les planificateurs confiants et les réalistes anxieux représentent environ la moitié de la population (soit 51 % des détenteurs de prêts hypothécaires et de MCH au Canada). Les investisseurs tendus et les bâtisseurs stables représentent au total 13 % de la population. Puisque les épargneurs établis et les traditionalistes aisés sont peu susceptibles de souscrire une APC, le webinaire a porté principalement sur les quatre autres groupes, car ces personnes pourraient avoir besoin d’une protection de crédit et en bénéficier.
Pour approfondir l’analyse des quatre groupes, L. Martin a personnifié les résultats.
Voici Kai : il est un planificateur confiant. Il est au début de la trentaine, marié, et a une famille (personnes à charge). Il possède de solides connaissances financières et sait gérer les finances de son ménage. Il épargne déjà pour sa retraite. Kai fait bien face à ses factures et gère des prêts hypothécaires pour plusieurs propriétés. Le planificateur confiant est plus susceptible de posséder plusieurs propriétés. Kai dispose d’un portefeuille d’investissements supérieur à la moyenne. Le planificateur confiant comprend que la vie peut changer rapidement, et il détient donc une APC. Ce groupe a tendance à s’inquiéter au sujet de la perte d’emploi, du paiement des factures, et de l’incertitude économique. Malgré sa confiance, Kai reste préoccupé par son emploi et par l’économie. Kai représente 30 % de la clientèle actuelle, et la probabilité de renouvellement de ce groupe est de 28 %.
Voici Krystal : elle est une réaliste anxieuse. Elle est tout le contraire de Kai. Elle est au milieu de la quarantaine, mariée, a des adolescents à sa charge, et est confrontée à des difficultés financières persistantes. Ses inquiétudes concernent notamment les factures du ménage, les dettes de cartes de crédit, la perte d’emploi, et son manque de confiance en ses connaissances financières. Elle vit d’une paie à l’autre, et n’épargne donc pas pour l’avenir. En raison de ses connaissances financières limitées, Krystal a peu confiance en sa capacité à planifier ou à investir efficacement. En ce qui concerne l’APC, elle souhaite que le produit soit simple et intégré à son prêt hypothécaire. Même si Krystal ne souhaite pas avoir une autre facture à payer, elle comprend que l’APC lui offre, à elle et à sa famille, une protection en cas de crise financière importante. Les réalistes anxieux représentent le conflit entre la protection nécessaire et la protection abordable. Krystal représente 19 % de la clientèle, et la probabilité de fidélisation de ce groupe est de 15 %. Ainsi, des pertes peuvent survenir en raison de facteurs liés à l’abordabilité et au mode de vie.
Voici Michael : il est un investisseur tendu. Il cherche à concilier ses nombreuses responsabilités : les enfants, le prêt immobilier, la MCH, et les dettes de cartes de crédit. Michael semble avoir un budget assez serré, mais contrairement à Krystal, il peut encore se fixer des objectifs à long terme. La sécurité financière est une priorité. Michael pense à l’avenir. Il gère ses finances avec confiance, ce qui indique qu’il possède certaines connaissances financières. Pollara a découvert que 100 % des personnes de ce segment détiennent déjà une APC. Michael représente 22 % de la clientèle, et la probabilité que ce groupe conserve sa couverture est de 6 %. Le potentiel d’annulation n’était que de 4 %. Ce qui empêche l’investisseur tendu de souscrire ou de renouveler se résume aux aspects de l’abordabilité et du rapport qualité-prix. Pollara a découvert que ce groupe fait appel à des conseillers financiers, mais les consulte rarement pour discuter d’assurance. Michael, tout comme le groupe des investisseurs tendus, doivent comprendre que l’APC offre un bon rapport qualité-prix et que ce produit convient à lui et à sa famille.
Voici Diljeet : il est un bâtisseur stable. Il représente les personnes les plus jeunes parmi tous les segments. Il est marié, a de jeunes enfants, et cherche à trouver un équilibre entre être propriétaire, gérer ses dettes, et planifier son avenir. Même s’il est plus jeune, il planifie déjà sa retraite. Diljeet a confiance en ses connaissances financières, mais il est pragmatique lorsqu’il prend des décisions. Il tient à être bien informé avant de prendre toute décision financière importante. Les bâtisseurs stables se distinguent des autres groupes par le fait que la moitié d’entre eux détiennent une APC et l’autre moitié n’en détiennent pas. Diljeet ne détient pas d’APC, mais ses pairs oui. Il commence à se renseigner sur le produit et à le comprendre, mais il pense avoir besoin de plus d’informations avant de souscrire. Alors que Krystal souhaitait avoir le moins de détails possible, Diljeet veut tous les détails afin de pouvoir prendre une décision éclairée. Les bâtisseurs stables représentent 12 % de la clientèle, et le taux de fidélisation de ce groupe est de 11 %.
Voici Arthur : il est un épargneur établi. Ce segment est peu susceptible d’envisager l’APC. Arthur est plus âgé, et se rapproche de la soixantaine. Il est marié depuis plus de 20 ans, et tous ses enfants vivent maintenant dans leur propre logement. Il prépare sa retraite. Les investissements d’Arthur s’élèvent à près d’un demi-million de dollars, ce qui lui permet de mener une vie aisée. Il se préoccupe surtout de l’efficacité de sa retraite et des coûts des soins de longue durée. Il s’inquiète également de l’incertitude économique et de la stabilité de ses investissements. Ce groupe est peu susceptible de percevoir l’APC comme un produit avantageux; 56 % de ces répondants ont déclaré qu’ils n’étaient pas susceptibles de souscrire ou de renouveler une APC. Arthur représente 5 % de la clientèle, et le taux de fidélisation de ce groupe est de 3 %. Ce groupe présente un certain potentiel de croissance, mais ce potentiel est minime.
Voici Susan : elle est une traditionaliste aisée. Ce groupe est peu susceptible d’envisager l’APC. Susan est au début de la cinquantaine. Ses enfants vivent de manière indépendante. Elle est propriétaire de son logement et commence à penser à la retraite. Elle concilie travail, économies, et factures. Susan a une certaine confiance en ses capacités de gestion financière, car elle possède quelques connaissances dans ce domaine. Elle demeure vigilante quant à la situation économique, notamment en ce qui concerne la perte d’emploi et la volatilité des marchés. Susan n’est pas susceptible de souscrire une APC, mais elle reste ouverte à ce produit si elle le juge pratique et utile. Plus précisément, contrairement à Arthur, Susan n’est pas catégoriquement opposée à la souscription d’une APC. Les traditionalistes aisés représentent 13 % de la clientèle, et le taux de fidélisation de ce groupe est de 9 %.
L. Martin a poursuivi avec la partie suivante de la présentation, qui portait sur les résultats du sondage.
La vulnérabilité financière est largement répandue et s’accroît. Les détenteurs canadiens de prêts hypothécaires et de MCH sont confrontés à d’importantes difficultés financières : la moitié d’entre eux ne pourraient pas tenir plus de six mois sans revenu, et la plupart estiment que la situation économique du pays aggrave leur situation financière.
- Seulement 30 % des détenteurs canadiens de prêts hypothécaires ou de MCH ressentent de la confiance envers leur situation financière actuelle.
- Pour 44 % des répondants, la situation économique actuelle influence négativement leurs finances personnelles.
- Parmi les répondants, 50 % ne pourraient pas maintenir leur niveau de vie pendant plus de six mois sans revenu principal.
- Parmi les répondants, 50 % éprouveraient de graves difficultés à payer leurs factures si le principal soutien financier ne pouvait plus travailler.
Les segments des « investisseurs tendus » et des « réalistes anxieux » sont particulièrement vulnérables, car ils sont confrontés à des difficultés d’abordabilité tout en étant les plus exposés aux chocs financiers.
La perte d’emploi est une préoccupation majeure à laquelle les Canadiens ne sont pas préparés. Alors que les Canadiens s’inquiètent de perdre leur emploi, ils n’ont pas de plan pour faire face aux défis économiques potentiels. Les segments des « planificateurs confiants », des « réalistes anxieux », des « investisseurs tendus » et des « bâtisseurs stables » redoutent tous que la perte de leur emploi les mette en péril sur le plan financier.
- Parmi eux, 58 % craignent qu’un membre de leur ménage perde son emploi au cours de l’année à venir.
- Parmi ces répondants, 74 % affirment qu’ils ne pourraient pas tenir plus d’un an s’ils perdaient leur revenu, et 50 % doutent de pouvoir tenir même six mois.
- Dans ce groupe, 50 % des personnes auraient de graves difficultés à payer au moins une partie de leurs factures, et 28 % déclarent qu’ils auraient de graves difficultés à toutes les payer.
- Parmi ces personnes, 37 % se sentent bien informées en ce qui concerne la planification financière à long terme.
- Dans ce groupe, 33 % des personnes épargnent régulièrement.
Les Canadiens ont peu confiance dans leurs filets de sécurité actuels. Seuls 38 % sont convaincus qu’ils pourraient rembourser leur prêt hypothécaire si le principal soutien financier perdait son revenu. Même s’ils disposent d’une couverture d’assurance, les Canadiens manifestent une profonde incertitude quant à l’efficacité de cette protection, ce qui souligne un écart important entre le fait de détenir une assurance et comprendre le produit. Parmi les répondants, 41 % ne savent pas combien de temps leur assurance durera, tandis que 44 % pensent qu’elle durera moins de 7 ans. Si 73 % des répondants affirment que leur assurance vie semble suffisante, la confiance des Canadiens envers leurs finances semble davantage fondée sur des émotions que sur des données factuelles. En fait, seulement 35 % savent combien de temps une police d’assurance vie devrait durer si elle devient nécessaire. Cette incertitude est particulièrement marquée chez les investisseurs tendus et les réalistes anxieux.
Même les ménages à revenus moyens ressentent cette anxiété financière. Si les ménages à faibles revenus sont confrontés aux plus grandes difficultés, même ceux qui gagnent entre 120 000 $ et 250 000 $ partagent souvent les mêmes anxiétés financières, sans disposer de filet de sécurité sur lequel s’appuyer. Un revenu plus élevé ne garantit pas la sécurité financière ni une meilleure couverture d’assurance.
L’abordabilité et la confiance sont les deux principaux obstacles à l’adoption de l’APC. Si les détenteurs d’APC ont une opinion positive sur tous les aspects du produit, leur confiance quant à son abordabilité et sa fiabilité est moins forte que leur confiance envers son côté pratique et son efficacité. Pour les non-détenteurs, le coût demeure le principal obstacle, ce qui révèle un manque de crédibilité plus général qui va au-delà du simple prix. Les non-détenteurs sont moins convaincus que l’APC offre un bon rapport qualité-prix. Cette tendance coïncide avec le fait que les non-détenteurs sont moins optimistes quant à leur situation financière actuelle et moins confiants en leur capacité à gérer leurs finances. Ce groupe est donc moins convaincu de la valeur de l’APC.
Quels sont les changements de la vie ou les facteurs économiques qui motivent la souscription d’une APC? Il peut s’agir de changements de la situation financière qui compliquent le paiement des factures ou la gestion des dettes. Il s’agit également de l’incertitude ou des bouleversements économiques, de l’augmentation du coût de la vie, et des événements majeurs de la vie tels que le mariage ou la naissance d’un enfant. Les caractéristiques de l’APC qui semblent les plus avantageuses sont la protection de la famille, la réduction du stress, et la protection contre les événements imprévus. Ces facteurs sont présents dans tous les segments, mais ils sont particulièrement influents chez les réalistes anxieux, les investisseurs tendus, et les planificateurs confiants.
La connaissance et la compréhension limitées freinent l’adoption généralisée de l’APC. En effet, 61 % des non-détenteurs ne se souviennent pas qu’on leur ait parlé de l’APC ou proposé cette option, tandis que seulement 39 % se souviennent que cette option leur a été présentée. De plus, 40 % des non-détenteurs estiment ne pas avoir besoin de l’APC : 23 % n’en voyaient pas la nécessité, et 13 % ont mentionné une autre couverture. Compte tenu des préoccupations liées à la sécurité, à l’insuffisance de l’épargne, et à l’augmentation du stress financier, cette conclusion est particulièrement importante : les Canadiens ne disposent pas d’une couverture adéquate et n’en voient pas la nécessité. En fait, seulement la moitié des Canadiens interrogés pensent que l’assurance est très importante pour protéger leur famille.
L’APC offre la possibilité d’améliorer la protection globale dont bénéficient les détenteurs de prêts hypothécaires et de MCH au Canada, en particulier en cas de perte d’emploi.
Pour conclure la présentation, L. Martin a expliqué que selon les conclusions de Pollara, les institutions financières sont les principaux canaux de distribution et d’influence en ce qui concerne la détention d’APC : 53 % des détenteurs ont souscrit leur APC auprès d’une institution financière comme une banque ou une coopérative de crédit.
R. Jennings et K. Martin ont remercié L. Martin pour le temps qu’elle a accordé à l’activité et ont conclu le webinaire.

