Résumé du discours par Tolga Yalkin, CEO BCFSA
Copie du discours par Tolga Yalkin.
Le 8 avril 2025, l’ACIFA a tenu sa première réunion du conseil d’administration de l’année, qui a été suivie de sa réception d’avril. TD Canada a organisé la réception et a offert des boissons et des hors-d’œuvre. La réception s’est terminée par un discours informatif de Tolga Yalkin, le nouveau chef de la direction de la British Columbia Financial Services Authority (BCFSA). Un résumé du discours de T. Yalkin est inclus ci-dessous.
Avant de céder la parole à Tolga Yalkin, Val Gillis, présidente du conseil d’administration de l’ACIFA, a mentionné le nouveau bâtiment de la TD, a remercié l’ACIFA pour son accueil, et a exprimé sa gratitude envers les nombreux membres et bénévoles de l’ACIFA, dont le travail assidu permet à l’ACIFA de réussir. Elle a ensuite parlé de la TD en tant qu’assureur et du soutien qu’elle apporte à de nombreux Canadiens. La TD est une entreprise diversifiée, qui sert de nombreux secteurs de l’assurance. Elle accorde toujours une attention particulière à ses clients. V. Gillis a parlé de son équipe et de la manière dont elle œuvre pour renforcer les relations avec les clients, tant en personne qu’en ligne. La facilité est un élément essentiel de la relation avec les consommateurs. La TD cherche donc à rendre les activités les plus efficaces et les plus simples possibles. Pour conclure son discours, V. Gillis a mentionné l’ACIFA et ses activités éducatives. Elle a souligné les nombreuses études de recherche essentielles menées par l’ACIFA, qui sont bénéfiques pour les clients canadiens.
V. Gillis a présenté le conférencier principal, Tolga Yalkin, qui s’est joint à la BCFSA en 2025. Elle a brièvement décrit la carrière de T. Yalkin, dont son passage au Bureau du surintendant des institutions financières (BSIF).
T. Yalkin a remercié V. Gillis, la TD, et l’ACIFA de l’avoir invité. Il a parlé de son expérience au BSIF et a expliqué que les tâches étaient répétitives, alors qu’à la BCFSA, il a l’occasion de porter plusieurs chapeaux et ses responsabilités sont très variées. T. Yalkin a expliqué qu’il considérait les conférences, notamment la réception de l’ACIFA, comme des occasions de partager et d’apprendre. Il est tout aussi intéressé à transmettre des messages aux professionnels du secteur qu’il l’est à ce que les professionnels du secteur lui fassent part de leurs réflexions. Selon lui, ce type de dialogue ouvert existe et doit être maintenu.
T. Yalkin a ensuite parlé de l’état du Canada, et a souligné que les conflits en cours avec les États-Unis et les élections imminentes ont provoqué une certaine agitation dans le pays. À son avis, cette situation renforce l’importance de la collaboration entre les divers secteurs d’activité. Il estime qu’il est essentiel de définir les intérêts communs. Compte tenu du sentiment d’impuissance qui prévaut en raison des problèmes sociopolitiques, notre pays a besoin de solidarité. Il a comparé le Canada à un pont : tous les éléments doivent fonctionner ensemble pour maintenir l’intégrité de la structure. Il en va de même pour notre secteur. Nous devons collaborer pour maintenir la sécurité de notre pays.
En raison de son travail précédent au BSIF, T. Yalkin a expliqué qu’il connaissait bien le secteur de l’assurance. Il a ajouté que, compte tenu du rôle de l’ACIFA et de ses membres au Canada, il existe un objectif commun : offrir aux Canadiens un bien-être financier. Il est essentiel, surtout aujourd’hui, d’aider les Canadiens à avoir confiance en l’industrie et à leur donner des garanties à cet égard. En tant que chef de la direction d’un organisme de réglementation, il tient à ce que les gens aient accès aux bons produits et aux outils qui leur permettent de les comprendre.
L’ACIFA occupe une fonction centrale pour aider les organismes de réglementation et l’industrie à respecter l’engagement de traitement équitable des clients. À la BCFSA, les règlements ne sont pas une fin en soi. Ce sont des outils qui permettent de renforcer la confiance envers le secteur financier. Aujourd’hui, plus que jamais, la confiance faiblit. Souvent, les gens ne connaissent pas leur couverture ou sont généralement mal informés à ce sujet. Les produits d’assurance sont souvent complexes, ce qui peut être à la fois un avantage et un inconvénient. Pour cette raison, les fournisseurs doivent réfléchir à la manière dont le secteur informe les consommateurs sur les questions financières. T. Yalkin a ajouté qu’il n’essayait pas de dire à l’industrie comment fonctionner, mais plutôt d’exprimer des valeurs communes.
T. Yalkin a ensuite parlé du moment où « la situation dérape ». Il s’agit du moment où une crise survient et où les personnes concernées doivent soumettre une réclamation. Lorsqu’un désastre survient, les gens sont souvent pris de panique. Ils se souviennent alors qu’ils ont une assurance et qu’ils bénéficient d’une couverture. Imaginez maintenant que vous avez acquis une police d’assurance et que, lorsque vous en avez besoin, vous apprenez qu’elle n’est pas exactement ce que vous pensiez. C’est un sentiment horrible. Voilà la situation à laquelle l’industrie et les fournisseurs veulent remédier par la conception de leurs produits. Les difficultés et les défaillances structurelles ont des répercussions humaines réelles. Si les assureurs individuels offrent des produits particuliers, la réalité est que les gens ont tendance à généraliser le système dans son ensemble. Cette tendance s’explique par le fait que l’industrie repose sur l’ensemble de ses composantes. Si l’industrie peut éviter un moment de peur et de souffrance, c’est tout ce qui compte.
T. Yalkin a ensuite abordé la question des relations entre les organismes de réglementation et le secteur, et a souligné l’importance fondamentale des deux parties. Il a énuméré les trois défis suivants qu’il voit se concrétiser au Canada :
- Il devient de plus en plus complexe d’accéder aux assurances ou de pouvoir se les permettre. Parfois c’est le prix, parfois c’est la souscription, parfois c’est la disponibilité, parfois ce sont les incertitudes économiques. Certaines personnes peuvent se retrouver sans protection, et c’est d’ailleurs ce qui se produit. Si le système ne parvient pas à inclure tout le monde, alors il n’est pas au service de tout le monde.
- L’industrie évolue dans un environnement réglementaire de plus en plus fragmenté. Il existe de nombreuses différences entre les administrations. Cependant, l’ampleur des différences individuelles n’est pas souvent justifiée, mais elles subsistent. Il ne faut pas en conclure que les administrations ne peuvent pas avoir de caractéristiques particulières. Le but est plutôt d’arriver à une harmonisation. Comment les organismes de réglementation peuvent-ils créer un cadre réglementaire aussi efficace et optimal que possible? Ce point souligne l’importance de l’harmonisation pour protéger à la fois les consommateurs et l’industrie. T. Yalkin a ajouté que les organismes de réglementation doivent penser au-delà de leurs limites pour servir véritablement les intérêts du Canada. Il a ajouté qu’il chercherait des possibilités et des domaines où la BCFSA pourrait agir en faveur de l’harmonisation. Lorsque tout est harmonisé, la probabilité que l’industrie réponde aux attentes est plus grande.
- Les modèles de distribution évoluent. T. Yalkin a expliqué qu’il est en faveur du développement de l’accès pour mieux servir les consommateurs. En parallèle, les professionnels de l’industrie doivent tenir compte des risques liés à la surveillance et aux tierces parties. Il a exprimé sa reconnaissance quant au dialogue bénéfique qui a eu lieu avec l’ACIFA sur le maintien d’une surveillance étroite du traitement équitable des consommateurs dans l’ensemble de la chaîne d’approvisionnement.
De grands efforts de modernisation sont déployés en Colombie-Britannique. La province se prépare au régime pour les agences d’assurance restreinte, qui sera supervisé par l’Insurance Council of British Columbia. T. Yalkin espère que cette initiative souligne l’éthique collective selon laquelle la BCFSA s’engage à garantir la présence de divers canaux et modèles de vente. L’objectif est de créer un marché diversifié.
Pour conclure son discours, T. Yalkin a mentionné les progrès significatifs : accès aux produits, clarté des produits et des politiques, et la priorité accordée au traitement équitable des consommateurs. Tout ne se limite pas aux règlements. La responsabilité envers ces idéaux doit être partagée. Les professionnels de l’industrie et les membres de l’ACIFA sont particulièrement bien placés pour faciliter ce travail. Il a exprimé son enthousiasme quant aux travaux futurs et à la collaboration en vue de cerner les lacunes de l’industrie. Cette collaboration ne peut qu’améliorer l’expérience des clients. Il faut trouver un équilibre entre les profits des entreprises et les intérêts des consommateurs.
T. Yalkin a ensuite invité les participants à poser des questions. Fern Karsh, responsable technique principale et responsable principale des politiques à l’ARSF, a demandé si des changements seraient apportés au mandat de la BCFSA. T. Yalkin a expliqué qu’en matière d’assurance, il existe deux éléments essentiels à propos desquels les mandats sont clairs :
- Entité fusionnée. Un des premiers gestes de T. Yalkin lorsqu’il est arrivé à la BCFSA a été de définir une vision et un objectif communs. En tant qu’organisme de réglementation et acteur du secteur de l’assurance, la BCFSA avait besoin d’une vision claire et convaincante. La vision s’est élargie au-delà de l’organisation et a produit un effet bénéfique pour les consommateurs de la Colombie-Britannique. Ce processus est continu, et il est essentiel. La question suivante se pose : quel type d’industrie de l’assurance devrait exister en Colombie-Britannique, et quel est le rôle de la BCFSA à cet égard? Le but est d’instaurer et de maintenir la confiance des consommateurs. Les organismes de réglementation doivent susciter la confiance dans leur secteur et envers eux-mêmes.
- Une communication ouverte et continue. Si la curiosité et la collaboration sont privilégiées, il existe souvent une certaine distance, qui conduit à un dialogue insuffisant entre l’industrie, les organismes de réglementation et les consommateurs. Le conseil d’administration de la BCFSA a informé T. Yalkin qu’il serait préférable de renforcer le dialogue dans l’ensemble du secteur et l’engagement des intervenants. Il s’agit là d’un autre élément important du nouveau mandat. Un dialogue enrichissant entre l’industrie et les organismes de réglementation est essentiel. Les défis auxquels le Canada est confronté (économiques, par exemple) auront des conséquences pour nous tous. La collaboration est le seul moyen de traverser cette période complexe. Le fait de trouver un moyen de diffuser les connaissances collectives et d’en tirer parti ne serait que bénéfique pour le Canada.
Byren Innes, directeur général et chef de la direction de Jennings Consulting, a commenté les propos de T. Yalkin sur le traitement équitable des consommateurs et a demandé si cette notion incluait la juste valeur. Lorsqu’on lui a demandé des précisions, B. Innes a mentionné le Royaume-Uni et le souci de cette administration de veiller à ce que les clients bénéficient de la valeur exacte de ce qu’ils achètent. T. Yalkin a répondu qu’il n’avait jamais entendu ce terme auparavant et qu’il n’avait donc pas de réponse précise à donner de la part de la BCFSA. Il a indiqué que la BCFSA poursuivait des discussions sur l’abordabilité et l’offre, ce qui pourrait englober la juste valeur. T. Yalkin a ajouté qu’il ferait des recherches plus approfondies sur la juste valeur afin d’examiner le rôle de la BCFSA dans ce domaine, ainsi que les paramètres, notamment le mandat, afin de déterminer si cet aspect serait important pour la BCFSA en tant qu’organisme de réglementation. Si l’abordabilité et l’offre sont des questions préoccupantes, il en va de même pour les franchises et la connaissance des dispositions.
Pour conclure la séance de questions et réponses, T. Yalkin a fait remarquer que l’information des consommateurs n’est pas nécessairement une responsabilité exclusive des organismes de réglementation ou de l’industrie, mais plutôt une responsabilité partagée entre les deux. Il a ensuite remercié l’ACIFA et la DT de l’avoir accueilli. V. Gillis a remercié T. Yalkin. La soirée s’est poursuivie avec la dégustation d’autres plats et boissons, ainsi qu’avec le tirage au sort d’un prix.
Incidence des technologies émergentes sur l’assurance protection de crédit
Présentation: Explorer les nouvelles tendances technologiques dans le domaine de l’APC
Le 1er avril 2025, l’Association canadienne des institutions financières en assurance (ACIFA) a tenu son deuxième webinaire de 2025, intitulé Incidence des technologies émergentes sur l’assurance protection de crédit. Le directeur général de l’ACIFA, Keith Martin, a animé le webinaire. Il a accueilli Melissa Carruthers, associée chez Deloitte (la division de conseil stratégique de Deloitte), et Marc Lewis, gestionnaire principal en stratégie d’assurance chez Deloitte.
De nombreux représentants des 14 entreprises membres et des 9 entreprises associées de l’ACIFA ont participé à ce webinaire, ainsi que des représentants d’associations sectorielles connexes, notamment l’Association canadienne des compagnies d’assurances de personnes et l’Association canadienne de l’assurance voyage. Des représentants de plusieurs organismes de réglementation des assurances et des services financiers ainsi que d’organismes d’élaboration des politiques ont également participé au webinaire, notamment les organismes gouvernementaux suivants :
- Insurance Council of British Columbia
- Gouvernement de la Colombie-Britannique
- Gouvernement de l’Alberta
- Autorité des marchés financiers (AMF), du Québec
- Autorité ontarienne de réglementation des services financiers
- Agence de la consommation en matière financière du Canada
- Ministère des Finances du Canada
Après une brève introduction, Keith Martin a cédé la parole à Melissa Carruthers et Marc Lewis, qui ont présenté une analyse détaillée des principaux résultats de l’étude, notamment les priorités technologiques liées à l’assurance protection de crédit (APC) pour les souscripteurs et les distributeurs de toute la chaîne de valeur. M. Carruthers a expliqué que le secteur de l’assurance, comme beaucoup d’autres au Canada, a connu des changements importants, notamment en raison des technologies nouvelles et émergentes. Dans cette optique, l’ACIFA a souhaité comprendre les implications et les possibilités pour ses membres et a donc demandé à Deloitte de mener une étude sur le sujet.
Deloitte a effectué une recherche primaire et secondaire complète, qui a compris un dialogue avec les leaders généraux du secteur, des sondages et des entretiens avec les membres de l’ACIFA, ainsi qu’une analyse du marché international de l’industrie de l’assurance. L’étude a révélé que les organisations du secteur de l’APC donneront la priorité aux technologies qui sont axées sur les expériences numériques destinées aux clients chez les distributeurs. De plus, l’étude a révélé que les distributeurs se montrent les plus ambitieux lorsqu’il s’agit de redéfinir l’expérience des clients, des employés et des agents. En ce qui concerne l’APC pour les souscripteurs, l’intérêt et les priorités portent principalement sur l’investissement dans les technologies émergentes qui amélioreront l’efficacité des opérations administratives du côté des services et des réclamations.
Parmi les défis liés à l’APC qui freinent l’avancée des solutions technologiques, certains concernent les systèmes traditionnels, l’infrastructure, ainsi que la dépendance envers des initiatives bancaires plus vastes et la priorité accordée à ces dernières. Les membres de l’ACIFA anticipent que ces problèmes nuiront aux activités de modernisation et à l’affectation des investissements dans les technologies.
Alors que les intervenants de l’APC cherchent à tirer parti des technologies émergentes pour se conformer aux priorités stratégiques, notamment par l’amélioration de la valeur offerte aux clients et aux employés, l’étude a permis de dégager quatre types de possibilités qui favorisent la croissance et les gains pour les entreprises :
- Réinventer l’expérience client/employé :les distributeurs d’APC ont une occasion significative de tirer parti des outils numériques, de l’analyse des données des clients, et de l’IA générative pour simplifier les expériences des clients, des employés et des agents. Ils peuvent notamment mettre en place des outils et des ressources de formation adaptables.
- Moderniser les produits et les plateformes : il existe des possibilités, tant pour les souscripteurs que pour les distributeurs, d’investir dans la modernisation de leurs systèmes technologiques de base qui peuvent compliquer ou réduire la rapidité de la mise sur le marché. Ils peuvent également envisager de créer des produits plus flexibles et plus adaptables.
- Transformation des opérations et simplification des modèles de mobilisation : ces possibilités dépendront de l’investissement des organisations dans les deux volets précédents. Les souscripteurs peuvent investir sans hésiter dans l’automatisation de la souscription et du processus de réclamation, alors que les distributeurs peuvent investir sans hésiter dans l’automatisation des demandes d’APC et l’intégration des données des partenaires en temps réel.
- Accélération grâce aux partenariats : les partenariats peuvent accélérer l’accès aux technologies émergentes et leur mise en œuvre, ce qui réduit la nécessité pour les intervenants de l’APC de développer à l’interne des solutions et des capacités entièrement nouvelles.
L’objectif du rapport de recherche était de déterminer l’incidence des technologies émergentes et de l’IA générative sur le secteur de l’APC. Dans cette optique, Deloitte a recueilli les réflexions et les expériences des assureurs généraux et a déterminé les priorités et les domaines d’investissement stratégique que les membres de l’ACIFA et ceux du secteur de l’APC ont déjà choisis afin de déterminer leur capacité actuelle par rapport aux objectifs technologiques qu’ils se sont fixés. Deloitte a mené un sondage quantitatif auprès des membres de l’ACIFA pour comprendre où les investissements sont prioritaires pour certaines technologies.
La recherche secondaire a permis à Deloitte de dégager plusieurs facteurs qui, selon ses prévisions, influenceront l’avenir de l’assurance de manière générale et augmenteront inévitablement les investissements dans les technologies. Ils sont les suivants :
- Technologies et analytique émergentes : la disponibilité croissante des données et des technologies permet aux fournisseurs d’optimiser leurs opérations et d’explorer et d’adopter de nouveaux modèles commerciaux plus efficaces.
- Évolution des préférences des consommateurs : les consommateurs continuent de demander des produits qui sont faciles à comprendre, simples à acheter et flexibles, mais il y a la possibilité de créer de nouveaux modèles d’engagement et des produits évolutifs fondés sur les données personnelles.
- Environnement de plus en plus concurrentiel : l’arrivée de nouveaux joueurs non traditionnels, provenant du secteur de l’assurance et d’ailleurs, qui ont des plateformes et des modèles d’affaires axés sur la technologie, menace les modèles d’affaires traditionnels et continue de réduire les marges de profit.
- Environnement macroéconomique :le récent environnement macroéconomique a été caractérisé par un taux d’inflation et des taux d’intérêt élevés, ce qui a eu une incidence sur les habitudes de consommations et le revenu discrétionnaire. Les entreprises sont confrontées à des difficultés d’adaptation aux changements dans les demandes des consommateurs.
- Évolution de l’environnement réglementaire : les joueurs réagissent aux changements réglementaires en mettant davantage l’accent sur la transparence et l’accessibilité (p. ex., norme IFRS 17, divulgation à la suite d’une commission, législation régissant la protection des données), et s’attendent à ce que ces éléments aient des répercussions sur les modèles d’affaires, les produits offerts et la rentabilité.
Deloitte a recensé huit technologies émergentes essentielles qui, selon ses estimations, sont les plus susceptibles d’avoir une incidence sur l’avenir de l’assurance et de l’APC. Ils sont les suivants :
- Méthodes analytiques perfectionnées
- IA générative
- Infonuagique
- Informatique et sécurité
- Gestion de la clientèle
- Plateformes modernes
- Actifs mobiles et numériques
- Automatisation des processus
M. Carruthers a fait remarquer que, si les huit technologies sont essentielles, le plus important est la manière dont les assureurs s’en servent. L’étude a révélé quatre catégories principales où les assureurs investissent dans ces technologies émergentes. Ils sont les suivants :
- Réinventer l’expérience client/employé : répondre aux attentes des consommateurs et les employés grâce à des modèles d’engagement numériquespour les produits d’APC, en utilisant les données existantes et les nouvelles données qui soutiennent les modèles hybrides.
- Moderniser les produits et les plateformes : des investissements fondamentaux dans les technologies de base et l’innovation des produits sont nécessaires pour atteindre les objectifs fixés tout au long de la chaîne de valeur.
- Transformer les opérations et simplifier l’engagement : moderniser les activités pour réaliser des gains d’efficacitéet des engagements de meilleure qualitéavec les consommateurs et les partenairesqui soutiennent la valeur à long terme.
- Accélération grâce aux partenariats : l’industrie de l’APC a la possibilité de tirer profit des partenariats dans l’écosystème afin d’accéder aux nouvelles capacités associées aux technologies émergentes et avoir accès à de nouvelles sources de valeur accélérant la mise en marché.
Deloitte a constaté que l’analytique avancée est la technologie la plus courante et la plus importante dans les stratégies de données et les priorités d’investissement des assureurs mondiaux. Les membres de l’ACIFA et les intervenants du secteur ont indiqué que les données et l’analytique avancée sont considérées comme la plus importante possibilité à court terme de dégager de la valeur pour les consommateurs et les partenaires. Cependant, la plupart des compagnies d’assurance vie et santé accusent un retard par rapport aux compagnies d’assurance de biens et risques lorsqu’il s’agit d’effectuer les investissements de base nécessaires. Il existe une quantité considérable de données qui permettent de personnaliser les expériences, mais ces données ne sont pas utilisées.
Bien que présentée comme révolutionnaire, l’IA générative est un domaine dans lequel l’industrie, tant globalement que dans l’APC, a la capacité la plus faible, mais l’intérêt le plus grand à investir et à favoriser le changement au sein des organisations. La plupart des organisations examinent leurs cadres de gouvernance et cherchent à déterminer par où commencer en ce qui concerne l’IA générative. Les distributeurs d’APC ont ainsi une occasion de tirer parti des investissements réalisés à l’échelle des entreprises afin de renforcer leur capacité en matière d’APC.
L’infonuagique se combine parfaitement avec la cybersécurité. Tandis que de nombreuses organisations se sont tournées vers l’infonuagique, les assureurs hésitent encore en raison des risques supplémentaires qu’elle comporte. Dans ce contexte, la cybersécurité devient indispensable. Il est intéressant de noter que la plupart des entreprises d’APC interrogées estiment avoir une capacité importante et suffisante, en raison du fait que ce sont des organisations de grande taille et très réglementées. Pour cette raison, l’intérêt d’accélérer les investissements dans l’infonuagique était moins marqué.
De nombreux distributeurs d’APC ont indiqué que leur priorité absolue était de mieux comprendre les besoins de leurs clients. L’assurance reste un secteur fortement intermédiaire. Par conséquent, les conseillers sont généralement responsables de maintenir les relations avec les clients et de répondre à leurs besoins. De manière générale, les assureurs ont redoublé d’efforts pour obtenir de meilleurs outils de gestion du service à la clientèle. Cette tendance a suivi dans tout le secteur de l’APC. Malheureusement, les membres de l’ACIFA ont peu investi dans les capacités avancées en matière de gestion de la clientèle, mais ils considèrent qu’il s’agit d’un domaine propice à des investissements à court terme dans les années à venir.
Un des principaux obstacles qui empêchent les membres de l’ACIFA de développer rapidement leur capacité technologique est la présence de systèmes traditionnels. Compte tenu du nombre croissant de fournisseurs de technologies, bon nombre de membres se demandent si le moment est bien choisi pour changer de plateforme. La modernisation des plateformes est une des trois grandes priorités des membres de l’ACIFA.
Des investissements importants ont été réalisés en faveur des actifs mobiles et numériques, en particulier lorsque les assureurs offrent des avantages aux employeurs ou aux groupes. L’engagement est beaucoup plus marqué auprès des clients finaux en ce qui concerne le service et l’expérience lors des réclamations. Deloitte a constaté un intérêt croissant pour les actifs mobiles et numériques comme moyen de communiquer directement avec les clients, les agents et les conseillers. M. Carruthers a suggéré que les intervenants de l’APC qui souhaitent protéger leurs clients prêteurs au-delà du point de vente envisagent d’investir dans ces technologies.
Finalement, une des plus grandes possibilités technologiques est l’automatisation des processus. Cette démarche consiste à simplifier les modèles opérationnels et les modèles d’affaires afin de soutenir les nouveaux services commerciaux et l’automatisation des aspects administratifs lors du traitement des réclamations. Si une organisation ne veut pas ou ne peut pas investir dans la modernisation de ses plateformes principales, l’automatisation des processus liés au système principal sera l’option suivante.
Marc Lewis est alors intervenu pour discuter des possibilités émergentes liées à l’APC et à la technologie. Il a expliqué que plusieurs grands thèmes se sont dégagés du travail de Deloitte auprès des membres de l’ACIFA. Ils sont les suivants :
- Rétention : Déterminer de manière proactive les possibilités d’améliorer la valeur pour les clients actuels et d’éviter les annulations ou les changements.
- Découverte numérique : Créer une expérience numérique attrayante, qui serait autrement offerte par les agents et dans les succursales. Cette initiative aiderait également les clients à comprendre l’APC et les couvertures offertes.
- Amélioration de la pénétration : L’expérience de prêt a été numérisée plus rapidement que celle de l’APC. La capacité à fusionner les expériences permettrait d’améliorer la pénétration dans les segments cibles.
- Simplification et allègement des opérations : Créer de la valeur ajoutée, tant à l’interne que pour les clients, au moyen d’améliorations opérationnelles.
Les priorités technologiques actuelles des membres de l’ACIFA portent sur la réponse aux préférences des clients, la création de valeur à partir des données déjà disponibles, l’augmentation de la flexibilité en ce qui concerne les produits et la personnalisation, l’augmentation de la numérisation, et la fluidité améliorée dans l’échange des données internes sur toute la chaîne de valeur.
En ce qui concerne l’avenir, M. Lewis a souligné la nécessité d’apporter quelques changements fondamentaux aux produits de l’APC, qui sont les mêmes depuis déjà longtemps. Le but est d’innover en matière de produits. Les assureurs doivent déterminer quelle valeur les clients tirent des produits d’APC et s’il est possible d’ajouter des sources de valeur nouvelles ou différentes. Les outils fondés sur l’IA sont d’excellents moyens d’équiper les employés de ressources utiles, qu’ils travaillent en première ligne ou dans les bureaux. L’IA peut servir à personnaliser les expériences des clients et le processus d’APC. L’automatisation peut réduire les délais de traitement et les coûts, en particulier pour la souscription et les réclamations. M. Lewis a ensuite discuté des principaux défis et risques du secteur de l’APC. Deloitte a constaté que les plus grands obstacles étaient les plateformes traditionnelles, la priorisation et la capacité d’investissement limitées, les restrictions réglementaires, et le rythme soutenu du changement. Les principaux risques étaient liés à la confidentialité des données, aux problèmes associés à l’IA générative, à la perception des clients, au contexte économique et, en toute franchise, à d’autres produits qui diluent la valeur perçue de l’APC. Pour atténuer les risques et les difficultés, Deloitte a suggéré de renforcer la gouvernance des données, de se conformer aux principes éthiques en matière d’IA, d’envisager des partenariats stratégiques, d’offrir des produits flexibles, d’adopter des principes d’évolutivité et d’agilité, et de tirer parti de l’innovation commune des divers services.
M. Lewis a invité les participants à poser des questions. K. Martin a demandé dans quelle mesure l’IA entraînera une transformation fondamentale dans les années à venir. M. Carruthers a répondu qu’il est trop tôt pour le savoir. Bien que sa valeur soit fortement médiatisée, cette technologie est encore relativement nouvelle et les gens ont des doutes quant à sa sécurité et à son exactitude.
K. Martin a ensuite demandé à M. Carruthers ce qu’elle pensait de l’assurance au Canada et si le pays accusait un retard en matière d’investissement dans les technologies de pointe. Il a donné l’exemple des États-Unis, du Royaume-Uni et de Singapour, qui affichent des progrès considérables dans ce domaine. M. Carruthers a répondu que, bien que la situation varie selon les technologies, le Canada accuse un retard. Le pays a tendance à être un suiveur plutôt qu’un leader en ce qui concerne les changements transformateurs dans ce domaine. Plusieurs facteurs distincts contribuent à cette tendance. L’Asie est la plus avancée, tandis que les États-Unis tentent de rattraper le Royaume-Uni. Une personne de l’auditoire a demandé quelles sont les technologies dans lesquelles l’Asie et le Royaume-Uni investissent et qui leur donnent une longueur d’avance sur le Canada. Plus particulièrement, dans quels domaines les dépenses technologiques sont-elles prioritaires dans ces régions, alors qu’elles ne le sont pas au Canada? M. Carruthers a indiqué qu’elle constate le plus d’investissements dans les expériences numériques et la gestion de la clientèle, la gestion de la relation client, les données des clients et l’analytique, le marketing numérique, et les modèles novateurs de vente et de distribution. De plus, les compagnies du secteur de l’assurance de biens et risques ont déjà commencé à remplacer les systèmes traditionnels par des systèmes modernes de gestion des polices, de la facturation et des réclamations. M. Lewis a ajouté que l’engagement des clients semble être plus élevé en Asie.
K. Martin a demandé des explications supplémentaires sur la cybersécurité et les cyberrisques. M. Carruthers a indiqué qu’il s’agit d’un domaine très important pour les institutions financières. En fait, elle a constaté que certaines organisations investissent dans la cybersécurité avant d’investir dans les capacités qui apporteront des avantages commerciaux. Pour conclure le webinaire, M. Carruthers a noté que l’industrie demeure plus lente que souhaité lorsqu’il s’agit de technologies émergentes. Selon elle, le véritable obstacle à l’innovation et à l’adoption est l’ambition. Il existe un si grand nombre de nouvelles solutions technologiques et d’actifs disponibles qu’il revient en fait aux institutions financières d’investir dans ces produits. Il existe de véritables possibilités de croissance et de changement. Il n’est pas nécessaire qu’elles soient gigantesques pour qu’elles produisent un effet transformateur et modernisateur.
Le risque invisible : pourquoi les propriétaires canadiens ne sont pas suffisamment assurés
Par Keith Martin, directeur exécutif, ACIFA.
Pour de nombreux Canadiens, le fait d’être propriétaire d’une résidence est un symbole de stabilité et de réussite. Pourtant, une tendance qui avait passé sous silence jusqu’à maintenant commence à émerger et elle crée un écart important dans la protection financière de bon nombre de familles. Une étude récemment menée par la Life Insurance Marketing and Research Association pour l’Association canadienne des institutions financières en assurance révèle que 80 % des propriétaires canadiens ne sont pas assurés ou sont sous-assurés en ce qui concerne l’assurance de personnes. Ce pourcentage soulève une question cruciale : dans quelle mesure sommes-nous préparés à affronter l’imprévu?
Les répercussions de cette lacune en matière d’assurance pourraient être graves. La vie est remplie de fâcheux hasards : une maladie soudaine, un accident ou même la perte d’un membre de la famille qui contribue au revenu du ménage. Sans protection adéquate, ces situations peuvent entraîner des difficultés financières qui compromettent la stabilité de la famille. La gestion des paiements hypothécaires, le maintien du niveau de vie ou la simple capacité à garder la tête hors de l’eau deviennent rapidement difficiles.
L’assurance protection de crédit (APC) est une option intéressante pour aider les propriétaires à gérer les risques financiers associés à leur hypothèque. Habituellement offerte par les prêteurs au moment d’accorder une hypothèque ou un prêt, l’APC peut réduire ou rembourser le solde dans l’éventualité d’un décès, d’une maladie grave ou d’une invalidité et, dans certains cas, peut couvrir les paiements si une perte d’emploi survient. Bien que ce ne soit pas la seule option d’assurance offerte, l’accessibilité de l’APC au moment d’obtenir une hypothèque en fait un excellent choix pour bon nombre de personnes.
Prenons par exemple une famille canadienne ayant une hypothèque de 300 000 $. Si le soutien économique principal du ménage décède subitement et qu’il n’est pas adéquatement assuré, les membres survivants de la famille pourraient devoir utiliser leurs économies pour faire les paiements hypothécaires mensuels. Ou encore pire : ils pourraient risquer de perdre la maison s’ils n’ont pas suffisamment d’argent pour payer leurs dettes.
En revanche, si la même famille a une APC sur leur hypothèque pour le soutien économique principal du ménage, l’APC pourrait réduire ou rembourser le solde hypothécaire si un événement assuré (comme le décès de l’emprunteur assuré) survient. Ainsi, les membres survivants de la famille pourraient maintenir leur niveau de vie et possiblement éviter les conséquences associées au fait d’être sous-assurés ou non assurés.
L’APC se démarque par sa simplicité et son accessibilité. Offerte directement au moment d’obtenir une hypothèque, l’APC est une option pratique et opportune pour les propriétaires qui veulent protéger leur avenir financier. Bien que l’APC ne soit pas la seule forme d’assurance possible, son accessibilité en fait un choix idéal pour de nombreuses familles.
L’APC joue un rôle important dans l’éventail des options en matière d’assurance, particulièrement les propriétaires à faible revenu (qui sont disproportionnellement touchés). Près de la moitié des propriétaires ne sont pas assurés et parmi ceux qui le sont, 75 % sont sous-assurés puisque leur police couvre moins de sept à dix fois leur revenu selon l’Agence de la consommation en matière financière du Canada. Dans notre étude, nous avons interrogé 1 175 propriétaires canadiens se situant dans diverses tranches de revenus. Nous avons découvert des disparités importantes dans les couvertures. Bien que 55 % des propriétaires ayant une hypothèque, une marge de crédit hypothécaire ou les deux aient souscrit à une APC, les propriétaires à faible revenu possèdent beaucoup moins de produits d’APC.
L’écart met en lumière la possibilité de sensibiliser les propriétaires aux avantages de l’APC et le rôle qu’elle joue dans le plan financier d’une famille pour assurer sa sécurité financière. L’acquisition de connaissances financières est un élément essentiel pour combler cet écart. Le sondage a permis de découvrir que ces propriétaires, particulièrement ceux qui se trouvent dans les tranches de faible revenu, hésitent à demander des conseils financiers. En effet, environ 38 % des répondants ont indiqué qu’ils n’avaient jamais consulté ou ne voulaient pas consulter un professionnel du milieu financier. Cette hésitation souligne l’importance de créer des ressources simples et faciles d’accès qui permettent aux gens afin qu’ils puissent prendre des décisions éclairées au sujet de leur avenir financier.
Les attitudes et les préoccupations financières sont un autre aspect pertinent de la recherche. Parmi les propriétaires à faible revenu, 48 % ont indiqué être peu ou pas du tout informés en matière de finances, et 53 % sont principalement préoccupés par le paiement des factures mensuelles, alors que 44 % s’inquiètent de ne pas avoir suffisamment d’argent pour bien vivre à leur retraite.
Dans son budget de 2024, le gouvernement a mis l’accent sur l’inclusion financière, ce qui est cohérent avec les conclusions de notre étude. C’est donc le moment idéal pour les institutions financières, les fournisseurs d’assurance et les décideurs politiques de collaborer afin de combler l’écart en matière d’assurance en faisant ce qui suit :
- Sensibiliser la population sur l’importance de la protection financière et des options offertes.
- Offrir des programmes éducatifs adaptés et de l’information aux communautés mal desservies.
- Créer des produits d’assurance inclusifs et flexibles qui répondent aux besoins des ménages.
Par exemple, des processus de demande simplifiés et des options de paiement flexibles afin de rendre l’assurance plus accessible aux marchés mal desservis. Une réglementation gouvernementale efficace et efficiente peut jouer un rôle important dans la protection des propriétaires, en veillant à ce qu’ils aient accès à une couverture adéquate. Ultimement, la question ne peut pas être réglée avec une seule solution. Que ce soit avec l’APC ou une autre forme d’assurance, ce qui importe est que les propriétaires canadiens aient les outils et les connaissances nécessaires pour protéger leur famille et leur avenir. En favorisant une bonne compréhension des options offertes et en éliminant les barrières en matière d’accès, nous pouvons combler l’écart considérable dans la sécurité financière.
Essentiellement, la discussion sur l’assurance est une discussion sur la résilience. En cette période d’incertitude, il est primordial de s’assurer que les propriétaires ont accès à plusieurs options d’assurance, et ce n’est pas qu’une simple question de stabilité financière : il s’agit d’offrir la tranquillité d’esprit et la capacité de traverser les tempêtes imprévues.
Résumé du webinaire de l’ACIFA – Innovation dans le domaine de l’assurance en Ontario
Le 30 janvier 2025, l’Association canadienne des institutions financières en assurance (ACIFA) a tenu son premier webinaire de 2025, intitulé Innovation dans le domaine de l’assurance en Ontario : Une conversation sur le partenariat du Bureau de l’innovation de l’ARSF avec Fintech Cadence pour soutenir l’innovation dans le domaine de la technologie financière en Ontario. Le directeur général de l’ACIFA, Keith Martin, a animé le webinaire. Il a accueilli Stephanie Appave, directrice de l’innovation, de l’Autorité ontarienne de réglementation des services financiers (ARSF), et Layial El-Hadi, directrice générale, de Fintech Cadence.
De nombreux représentants des 15 entreprises membres et des 9 entreprises associées de l’ACIFA ont participé à ce webinaire, ainsi que des représentants d’associations sectorielles connexes, notamment l’Association canadienne des compagnies d’assurances de personnes (ACCAP), l’Association canadienne de l’assurance voyage (ACAV), l’Association des banquiers canadiens (ABC) et l’Association canadienne des assureurs par marketing direct (ACAMD). Des représentants de plusieurs organismes de réglementation des assurances et des services financiers ainsi que d’organismes d’élaboration des politiques ont également participé au webinaire, notamment les organismes gouvernementaux suivants :
- Insurance Council of British Columbia
- Gouvernement de l’Alberta
- Autorité des marchés financiers du Québec (AMF)
- Autorité ontarienne de réglementation des services financiers (ARSF)
K. Martin a commencé le webinaire en présentant les deux conférencières – Stephanie Appave et Layial El-Hadi. S. Appave (ARSF) dirige le Bureau de l’innovation de l’ARSF depuis mars 2023, où elle a créé des occasions de développement commercial et de mobilisation dans l’ensemble du vaste système financier. Elle a fait mieux connaître l’ARSF et a renforcé la perception de cette dernière en tant qu’autorité de réglementation qui favorise l’innovation. L. El-Hadi est directrice générale de Fintech Cadence, une organisation qui vise à créer et à soutenir de nouvelles entreprises dont l’objectif est de résoudre les problèmes du secteur financier de l’Ontario grâce à l’intégration de la technologie. Avant de laisser la parole aux conférencières pour leurs présentations respectives, K. Martin a rapidement présenté Robyn Jennings, analyste de la recherche à l’ACIFA, qui avait préparé quelques questions pour les conférencières.
S. Appave a fait la première présentation, dans laquelle il a expliqué le mandat de l’ARSF en matière d’innovation, la fonction du Bureau de l’innovation, et le laboratoire réglementaire de l’Ontario. Au cours des dernières années, l’ARSF a privilégié une approche de la réglementation fondée sur des principes et axée sur les résultats. L’innovation est l’un des objectifs réglementaires de l’ARSF. Encourager et soutenir l’innovation et l’expérimentation est donc un élément fondamental du mandat de l’autorité de réglementation. En fait, le Bureau de l’innovation a été créé pour aider l’ARSF à respecter ce mandat. L’ARSF soutient l’innovation dans l’ensemble de l’Ontario grâce aux pouvoirs d’exemption que le gouvernement de l’Ontario a accordés au chef de la direction de l’ARSF et qui permettent à l’organisation de se servir de ses pouvoirs discrétionnaires, ainsi que d’autres outils connexes. Grâce au Bureau de l’innovation, l’ARSF peut faciliter l’innovation dans les secteurs réglementés. En effet, l’organisation fournit du soutien, des conseils et des indications tant aux entités réglementées qu’à celles non réglementées.
En ce qui concerne les ressources publiques, l’ARSF a publié un cadre d’innovation qui décrit la stratégie et les principes directeurs qui déterminent comment l’ARSF soutient l’innovation responsable. L’organisme de réglementation a également mis en place son environnement d’essai et d’apprentissage (EEA), également connu sous le nom de laboratoire réglementaire. Les EEA sont ouverts à toute personne qui participe au marché, soit les entités qui détiennent un permis de l’ARSF et celles qui ne sont pas réglementées. Les EEA de l’ARSF offrent un espace protégé pour mener des expériences sans compromettre la protection des consommateurs. Les EEA, ou laboratoires réglementaires, sont des espaces dédiés qui permettent de tester en toute sécurité des produits, des services et des modèles d’entreprise novateurs sur le marché réel. En résumé, les EEA offrent aux entreprises la possibilité de tester des activités qui seraient autrement interdites par le cadre réglementaire actuel. Les EEA permettent également d’assurer la protection des consommateurs pendant les essais. Ainsi, les organismes de réglementation, comme l’ARSF, peuvent observer les effets que ces produits, services et modèles d’entreprise, qui n’ont pas encore été testés, pourraient produire sur le marché, les entreprises et les consommateurs. Cette forme d’essais contrôlés permet de découvrir la viabilité et les risques des produits ou des services en question. Si des risques se présentent, l’ARSF collabore alors avec l’entreprise pour atténuer et gérer les problèmes. Actuellement, l’ARSF mène deux projets d’EEA – EEA pour le modèle d’accès direct et EEA selon le territoire. Le premier, entamé en août 2023, permet de tester une nouvelle façon de distribuer des produits d’assurance commerciale. Le second, entamé en 2024, permet aux compagnies d’assurance automobile de proposer et de tester des changements de tarifs en fonction du territoire dans la région du Grand Toronto. Actuellement, 11 compagnies d’assurance automobile participent à l’EEA selon le territoire.
Il convient de considérer les EEA comme une bonne occasion à saisir. Il s’agit d’une occasion de tester et de perfectionner une idée novatrice dans le monde réel tout en ayant accès à des ressources telles que le Bureau de l’innovation ou les experts du secteur de la réglementation de l’ARSF. Les entreprises participantes pourront obtenir des informations en temps réel sur leur projet novateur, ainsi que des conseils sur les attentes en matière de réglementation. Les organismes de réglementation y trouvent également leur compte. Ils peuvent recevoir des informations qui leur permettront de guider les activités réglementaires futures.
En ce qui concerne l’innovation, l’une des principales priorités de l’ARSF est la collaboration. Puisque l’ARSF reconnaît que l’innovation nécessite une communauté, le Bureau de l’innovation cherche toujours des occasions de collaborer. Les responsables discutent régulièrement avec un grand nombre d’intervenants, de partenaires et d’experts de l’industrie. Ces discussions ont permis de produire trois rapports sur les possibilités, qui rendent compte des discussions sur l’innovation dans le secteur des assurances, du courtage en prêts hypothécaires, et des coopératives de crédit. L’ARSF s’est également associée à divers centres d’innovation pour organiser des réunions argumentaires, des dîners-conférences et des heures de bureau. Il s’agit notamment du partenariat de l’ARSF avec Fintech Cadence.
L. El-Hadi a commencé sa présentation en décrivant brièvement Fintech Cadence et son travail en général. Fintech Cadence est le plus grand incubateur de technologies financières au Canada. Sa mission et l’essentiel de son travail consistent à faire progresser le système financier afin de mieux servir l’ensemble de la population canadienne. Pour y parvenir, Fintech Cadence collabore étroitement avec le secteur financier, les entrepreneurs, les organismes de réglementation, le gouvernement et les universités afin de faire en sorte que des produits d’excellente qualité soient mis sur le marché au Canada, pour les consommateurs canadiens, les petites entreprises et les entreprises en général.
Selon Fintech Cadence, le développement du secteur financier repose sur l’éducation, la collaboration et le soutien. L’éducation permet aux personnes compétentes d’en apprendre davantage sur le secteur. Fintech Cadence collabore avec les universités et le secteur éducatif afin de faire valoir les programmes d’études et de s’assurer que les cours de technologie financière soient intégrés dans les programmes d’études. La collaboration porte également sur la commercialisation de la recherche et l’intégration dans l’industrie. Fintech Cadence collabore avec des chercheurs, des doctorants et des étudiants à la maîtrise afin de déterminer si leurs idées peuvent être commercialisées et où elles peuvent apporter de la valeur à l’industrie. La collaboration porte également sur la création de partenariats avec les intervenants du secteur afin de résoudre les problèmes liés aux technologies financières. Fintech Cadence détermine les défis auxquels sont confrontées les nouvelles entreprises et s’interroge sur la manière dont le milieu de l’innovation peut contribuer à l’innovation plutôt que de s’y opposer. Enfin, le soutien permet de créer et de soutenir de nouvelles entreprises, aux premières phases de démarrage, dans le domaine de la technologie financière. En tant qu’incubateur, l’organisation concentre ses efforts sur les nouvelles entreprises aux premières phases de démarrage, dans le domaine de la technologie financière.
Dans le but de combler les lacunes du secteur des technologies financières, Fintech Cadence a mis au point un processus de développement adapté pour permettre aux nouvelles entreprises du secteur des technologies financières de prospérer. Dans le processus, on demande aux personnes compétentes, qu’il s’agisse d’étudiants universitaires ou de représentants de l’industrie, si elles savent que les solutions de la technologie financière sont nécessaires sur le marché. Ces personnes sont-elles en train de créer ces solutions? Collaborent-elles avec l’industrie pour résoudre les problèmes? L’entreprise se développe-t-elle et évolue-t-elle? L’entreprise suit-elle un modèle intégré qui peut être appliqué à plus grande échelle?
Fintech Cadence accompagne des nouvelles entreprises qui traitent des problèmes dans plusieurs secteurs, notamment les paiements, les technologies de gestion du patrimoine, les technologies de l’assurance, le financement collectif, les chaînes de blocs, les transferts de fonds, la gestion des finances publiques, la cybersécurité, les questions ESG, et bien plus encore. Les secteurs les plus importants au Canada sont les technologies de paiement, les technologies de prêt, les technologies d’investissement et les technologies de gestion du patrimoine. Pour les besoins du webinaire d’aujourd’hui, L. El-Hadi a mis l’accent sur les solutions des technologies de l’assurance. En raison de la nature du secteur, les technologies de l’assurance constituent également un autre segment important des technologies financières au Canada, et leur croissance ne fait que se poursuivre. Selon Fintech Cadence, si le secteur continue à évoluer dans la direction actuelle, le Canada sera l’un des pays les plus forts au monde en ce qui concerne les technologies de l’assurance.
À quoi ressemble le secteur des technologies financières au Canada? Selon les estimations de Fintech Cadence, entre 1 500 et 2 200 entreprises de technologie financière, peut-être plus, sont actuellement en activité au Canada. L’Ontario est l’une des provinces les plus actives dans le domaine des technologies financières, suivie de très près par le Québec. La Colombie-Britannique enregistre également une forte croissance. L’Alberta a aussi commencé à investir massivement dans le domaine des technologies financières, notamment dans les technologies de l’assurance. Mais, pourquoi le secteur des technologies de l’assurance est-il si fort? Selon Fintech Cadence, tout dépend des variables suivantes et de leur interaction :
- Institutions financières : Les institutions financières participent-elles à ce processus? Collaborent-elles avec les nouvelles entreprises? Cherchent-elles activement à participer à ce travail?
- Talent : Avons-nous des personnes compétentes? Le Canada est manifestement fort dans ce domaine, comme en témoignent ses innovations dans les domaines de l’intelligence artificielle et des technologies de la chaîne de blocs.
- Soutien : Les nouvelles entreprises ont-elles le soutien nécessaire pour réussir? Là encore, le Canada est très fort dans ce domaine.
- Capital : Existe-t-il du capital pour permettre la création d’entreprises? Au Canada, il existe un solide réseau d’investisseurs en capital-risque et d’investisseurs providentiels qui soutiennent les nouvelles entreprises.
- Technologies : Les nouvelles entreprises disposent-elles des technologies appropriées et nécessaires pour assurer leur réussite?
Pour conclure sa présentation, L. El-Hadi a souligné que l’intelligence artificielle influencera tout, notamment la manière dont les fournisseurs de services traditionnels devront s’y adapter et l’évolution des attentes des consommateurs en ce qui concerne les produits et les services.
K. Martin a demandé aux conférencières si elles pouvaient discuter davantage du partenariat entre l’ARSF et Fintech Cadence, qui a débuté en septembre 2024. S. Appave a commencé. Elle a indiqué que selon l’ARSF, ce partenariat constituait une première étape essentielle pour soutenir l’innovation financière dans le secteur des technologies financières, ce qui a permis à l’ARSF de devenir un partenaire actif du secteur. De plus, ce partenariat met en évidence le fait que l’organisme de réglementation choisit à la fois d’adopter une approche d’innovation responsable et de tirer parti de l’expertise et des relations de Fintech Cadence. L. El-Hadi a ajouté que le travail de chaque entité – la priorité que l’ARSF accorde à la réglementation et celle que Fintech Cadence accorde à l’innovation – est complémentaire, ce qui rend le partenariat très solide. S. Appave a expliqué que l’ARSF espère atteindre trois objectifs principaux grâce à ce partenariat. Ils sont les suivants :
- Établir des liens plus solides entre l’ARSF, le secteur de l’innovation et les nouvelles entreprises de technologies financières;
- Mieux comprendre les obstacles réglementaires et les défis à l’innovation;
- Amener des idées et des perspectives nouvelles et différentes pour orienter l’approche et les activités de l’ARSF dans le secteur de l’innovation;
- Faire mieux connaître l’ARSF et son mandat en matière d’innovation.
L. El-Hadi a confirmé les objectifs mentionnés par S. Appave, et a ajouté que, parfois, les fondateurs et les entrepreneurs ne comprennent pas les composantes réglementaires ou ne savent pas comment établir des relations avec une agence de réglementation. L’objectif de Fintech Cadence et de ce partenariat est de faire tomber ces barrières sur le plan des connaissances afin que les nouvelles entreprises puissent établir des lignes de communication directes et comprendre l’environnement réglementaire et les obstacles à franchir.
Deux aspects essentiels du partenariat sont le renforcement de la sensibilisation et de la mobilisation. Fintech Cadence a déployé de grands efforts pour intégrer le Bureau de l’innovation dans sa programmation et ses événements afin de sensibiliser davantage l’organisme de réglementation. L’organisation a également effectué un travail remarquable pour créer des occasions de formation et de mobilisation. Ce partenariat offre à l’ARSF de nouvelles occasions de communiquer des informations sur la manière dont l’organisme de réglementation soutient l’innovation et l’expérimentation au moyen des EEA et d’autres outils réglementaires. Il permet également à l’ARSF de recenser les entreprises qui pourraient participer aux EEA. En bref, ce partenariat rend l’interaction avec un organisme de réglementation moins intimidante pour les nouvelles entreprises.
Au sujet de la proposition de valeur, K. Martin a demandé aux conférencières d’expliquer pourquoi le partenariat est important, comment il aidera les entreprises à développer leurs idées novatrices et en quoi il est différent des autres partenariats. S. Appave a répondu que ce partenariat est une occasion unique de montrer comment un organisme de réglementation et un centre d’innovation peuvent collaborer pour soutenir l’innovation responsable. Il est essentiel que l’ARSF détermine et comprenne les obstacles et les défis réglementaires si l’organisme veut soutenir l’innovation dans le domaine des technologies finales, ainsi que comprendre les tendances émergentes et en assurer le suivi. Ce partenariat permettra d’obtenir des informations importantes. S. Appave a ajouté qu’il est très rare de voir des organismes de réglementation s’associer à des centres d’innovation. Un autre aspect qui rend ce partenariat unique est qu’il ne s’agit pas d’une initiative ponctuelle, mais d’un engagement direct et continu, sous diverses formes, comme les dîners-conférences, les heures de bureau, la présence de l’ARSF aux événements organisés par Fintech Cadence, etc. L. El-Hadi a ajouté que la conformité réglementaire est un des plus grands défis lorsqu’il s’agit de démarrer une entreprise de technologie financière. Beaucoup de personnes qui démarrent une entreprise ne savent pas quand elles doivent contacter un organisme de réglementation. Par conséquent, elles risquent de ne pas se conformer aux règles et de ne pas pouvoir entrer sur le marché. Ainsi, grâce à ce partenariat, les nouvelles entreprises disposeront désormais d’une ligne d’accès direct à l’ARSF. Enfin, L. El-Hadi a fait remarquer que peu d’organismes de réglementation sont disposés à avoir ce genre de conversations. Le fait que l’ARSF soit non seulement disposée à le faire, mais qu’elle s’intègre activement au secteur et aux conversations de l’industrie est une preuve de l’engagement de l’organisme de réglementation à bâtir un marché plus fort.
K. Martin a demandé à S. Appave si l’ARSF avait reçu des objections au sujet de la surveillance réglementaire réduite qui est associée aux EEA, en particulier de la part d’entreprises qui font l’objet d’une surveillance réglementaire complète. Elle a expliqué que lors de la collaboration avec une entreprise pour concevoir un EEA particulier pour un produit, une invention ou un modèle d’entreprise précis, ce travail a une durée très limitée. De plus, tout dépend de l’angle sous lequel le marché est observé. Les compagnies d’assurance traditionnelles qui sont déjà soumises à une réglementation disposent de certains avantages sur le marché, comme la taille, la clientèle, etc. En revanche, les nouvelles entreprises se heurtent à des obstacles lorsqu’il s’agit de se conformer à la réglementation ou de trouver des partenariats ou des clients. S. Appave a expliqué que les EEA sont ouverts à la fois aux entités qui détiennent un permis de l’ARSF et celles qui ne sont pas réglementées.
K. Martin a demandé aux deux conférencières de parler de la programmation et des événements de Fintech Cadence, ainsi que des laboratoires réglementaires ciblés et des participants aux EEA. Il leur a demandé d’expliquer ce à quoi l’industrie peut s’attendre au cours de l’année à venir. S. Appave a expliqué comment, pour l’ARSF et le Bureau de l’innovation, les laboratoires réglementaires servent à favoriser la collaboration. L’organisme de réglementation souhaite donc encourager davantage d’entreprises à expérimenter et à innover sans craindre de déroger par inadvertance aux règles. Les laboratoires permettent également aux organismes de réglementation de trouver des possibilités d’adaptation et d’ajustement tout en maintenant la protection des consommateurs. L. El-Hadi a fait remarquer que, dans l’ensemble de l’industrie, toutes les entités sont de plus en plus intéressées par la collaboration, mais ne savent pas par où commencer. De plus, de nombreuses entités se préoccupent de la manière dont les données peuvent être transmises en toute sécurité. Fintech Cadence offre à ses clients une transparence qui leur permet de comprendre comment cette collaboration fonctionnera, pourquoi elle aidera leur produit et comment elle peut servir à comprendre les préjudices ou les résultats éventuels qu’un produit pourrait avoir pour les consommateurs.
Pour les participants au webinaire qui se demandent comment leur équipe peut collaborer avec les technologies financières ou les intégrer, L. El-Hadi les invite à simplement entamer la conversation. Si la question de l’innovation a été abordée dans leur entreprise, mais qu’ils ne savent pas par où commencer, il leur suffit de contacter l’ARSF ou Fintech Cadence, qui peuvent et veulent les aider.
K. Martin a fait remarquer qu’un grand nombre des projets en question doivent être très délicats sur le plan commercial ou concurrentiel. Il a demandé comment l’ARSF et Fintech Cadence gèrent la confidentialité pour garantir la sécurité du produit ou de l’idée d’une entreprise. S. Appave a expliqué que la confidentialité est intégrée dans les paramètres des EEA et dans le processus de développement des EEA.
R. Jennings est intervenue et a demandé aux conférencières si elles pouvaient parler plus en détail du contexte de l’innovation dans les technologies financières en Ontario, notamment des tendances émergentes et des défis à relever. L. El-Hadi a expliqué que le moyen le plus simple de reconnaître un domaine prospère de technologie financière est d’examiner le secteur financier. Il faut donc examiner les assurances, toutes les grandes banques, les coopératives de crédit, etc. En raison de sa taille, de son développement économique et de son histoire, l’Ontario compte de nombreuses institutions financières solides et bien établies. Le Québec est également une région solide, en particulier dans le domaine de l’assurance. Dans l’ouest du Canada, le secteur des coopératives de crédit est très développé. Quant au Canada atlantique, ses systèmes financiers sont très axés sur la communauté. Puisque le secteur financier de l’Ontario est fort, par défaut, le secteur des technologies financières est également fort, grâce à l’accès et aux relations directes entre les institutions. Il est possible de faire des investissements en capital. De plus, en raison de la population et du nombre d’universités, on trouve aussi beaucoup de talent. L. El-Hadi a toutefois précisé qu’il y a encore d’autres régions au Canada qui sont en croissance et qui se distinguent dans leurs segments respectifs, mais que, dans l’ensemble, l’Ontario est une des régions les plus fortes.
Compte tenu des tendances et des défis au sein du secteur des technologies financières de l’Ontario, les domaines suivants ont connu une croissance considérable récemment : les moyens de paiement, l’assurance, les technologies de gestion financière et de gestion du patrimoine, les néo-banques et les néo-produits, et les technologies immobilières. Un des défis les plus importants de l’Ontario a été, et demeure, le montant des capitaux alloués aux fondateurs. Les investisseurs ontariens n’aiment pas le risque. Les investisseurs recherchent des projets à risque quasi nul, surtout si on les compare aux investisseurs américains, qui semblent un peu plus audacieux et prêts à courir un certain risque. Un autre défi est la relation entre le secteur financier et le secteur des technologies financières. Bien que les deux entretiennent une excellente relation, il peut être difficile pour les entreprises de technologies financières d’approcher les institutions financières ou de percer dans le secteur financier. Souvent, les institutions financières remettent en question la capacité des entreprises de technologies financières à respecter la réglementation, ou leur valeur en ce qui concerne la fidélisation des consommateurs. Enfin, le dernier défi majeur auquel sont confrontées de nombreuses nouvelles entreprises est celui des barrières réglementaires. Le partenariat entre Fintech Cadence et l’ARSF a pour objectif de remédier à cette situation.
R. Jennings a demandé à L. El-Hadi s’il y avait des différences générationnelles quant à l’intérêt pour les néo-banques et les néo-produits. L. El-Hadi a répondu que le Canada a tendance à avoir des consommateurs conservateurs. En effet, environ 80 % des consommateurs restent clients de la même banque toute leur vie. Ces produits et innovations plus modernes ont tendance à attirer davantage les jeunes générations, mais il ne faut pas en conclure que le secteur des technologies financières est réservé à ce groupe de la population. Une vague impressionnante de solutions destinées aux baby-boomers est en train de faire son apparition sur le marché. Ces solutions sont axées sur la gestion et l’investissement du patrimoine, la transition patrimoniale, la planification de la retraite, etc.
Le domaine des technologies financières de l’Ontario est manifestement dynamique. Quelle place occupe le développement des relations dans ce contexte et quelle est son importance dans le cadre de l’innovation? L. El-Hadi a fait remarquer qu’il y a une plaisanterie courante à Fintech Cadence selon laquelle il est impossible de créer une entreprise de technologie financière sans avoir une certaine forme de relation avec une institution financière ou avec le secteur financier. Il peut s’agir de tisser des liens commerciaux, d’établir un partenariat ou d’avoir l’autorisation de tester les produits auprès des consommateurs. Il est donc essentiel de bâtir des relations. Les entreprises de technologies financières ne pourront pas se développer sans cette démarche. Cependant, compte tenu des défis à relever, les intervenants du secteur cherchent encore une solution à ce problème. Les institutions financières veulent collaborer avec les entreprises de technologies financières, mais ne savent pas toujours comment ou par où commencer, et vice versa. S. Appave a appuyé les propos de L. El-Hadi, et a ajouté qu’un partenariat solide comme celui qui existe entre Fintech Cadence et l’ARSF permet de toucher plus largement l’ensemble de l’industrie.
R. Jennings a ensuite demandé à S. Appave si elle pouvait parler des relations de l’ARSF avec d’autres organismes de réglementation au Canada. Elle a répondu que, de façon générale, tous les organismes de réglementation sont confrontés à des défis similaires liés à l’évolution rapide des technologies nouvelles et émergentes. Tous les organismes de réglementation canadiens essaient maintenant de comprendre et d’évaluer les effets que cette technologie en évolution a sur le secteur financier, et de se tenir au courant de l’actualité. S. Appave a expliqué que l’ARSF communique avec ses homologues et les organismes de réglementation semblables afin d’échanger des informations, de définir et de mettre en commun des priorités, et de se tenir au courant d’initiatives similaires. Par exemple, l’ARSF sait que l’Alberta a inauguré un laboratoire réglementaire en 2022 et que l’AMF et la Commission des valeurs mobilières de l’Ontario ont publié un document de travail sur l’IA en 2023. L’ARSF peut obtenir des informations importantes auprès d’autres organismes de réglementation, donc l’échange d’informations est essentiel. Il est important de retenir que les approches et les programmes ou initiatives sont fortement adaptés à cet environnement. Par conséquent, une démarche entreprise dans une certaine province peut ne pas s’appliquer à l’Ontario.
L’ARSF entretient des relations avec les organismes de réglementation de tout le Canada, mais le fait-elle à l’échelle mondiale? Le Royaume-Uni, l’Australie et Singapour ont mis sur pied des laboratoires réglementaires à l’échelle fédérale pour les technologies financières. Ces administrations internationales influencent-elles l’ARSF de quelque manière que ce soit? S. Appave a fait remarquer que, bien que toutes les administrations mentionnées disposent d’organismes de réglementation mieux établis et de laboratoires à l’échelle nationale, l’ARSF tire des enseignements de ces administrations en ce qui concerne les pratiques exemplaires. Puisque l’ARSF est un organisme relativement jeune, le fait d’examiner ces administrations plus établies peut aider à comprendre comment les laboratoires peuvent faire le lien entre l’innovation et la réglementation.
K. Martin a posé quelques questions finales avant de conclure le webinaire. Il a indiqué que l’une des caractéristiques des produits proposés par les membres de l’ACIFA est qu’un assureur les souscrit souvent, mais les propose au client par l’intermédiaire d’un distributeur, comme une banque ou une coopérative de crédit. Dans de nombreux cas, une innovation dans le domaine des technologies financières nécessiterait de collaborer avec deux organismes distincts qui sont des partenaires, mais qui restent des entreprises entièrement séparées et qui disposent de technologies et de systèmes traditionnels différents. K. Martin demande si l’ARSF ou Fintech Cadence ont fait face à ce type de défi et si l’une ou l’autre des organisations a des suggestions pour évoluer avec ce modèle d’entreprise un peu plus complexe. S. Appave fait remarquer que, en ce qui concerne les EEA, l’ARSF n’a pas encore eu connaissance de cette entente ou d’une entente de ce type. Elle a ajouté que rien n’était exclu, et que l’ARSF pourrait se voir offrir cette possibilité à l’avenir. Si une entreprise de technologie financière envisage un projet de ce type, elle l’encourage à contacter l’ARSF et le Bureau de l’innovation, qui peuvent mettre à sa disposition des experts du secteur et d’autres personnes de l’ensemble de l’organisation pour définir la voie à suivre. L. El-Hadi a ajouté que si une entreprise de technologie financière offre des services, selon l’exemple de K. Martin, elle doit comprendre l’ensemble du cycle de vie de ce produit et de son service. Lorsque les entreprises de technologies financières font appel à d’autres intervenants dans le cadre du processus, des difficultés liées aux aspects réglementaires ou aux méthodes de travail peuvent survenir. Elle a aussi expliqué qu’au Canada, un des défis est que la réglementation des assurances relève des provinces, ce qui signifie que les entreprises de technologies financières ne doivent pas seulement concevoir un produit qui va plaire à divers intervenants, mais qui va aussi respecter les réglementations régionales uniques associées à chaque intervenant. Pour réussir à trouver l’équilibre dans ce contexte, les entrepreneurs de ce secteur doivent posséder un ensemble de compétences. Voilà pourquoi les EEA de l’ARSF sont si indispensables. Ils offrent du soutien et de la sécurité aux entreprises de technologies financières.
K. Martin a fait remarquer que l’ACIFA soulève souvent la question de la réglementation provinciale en matière d’assurance auprès des organismes de réglementation, principalement parce qu’un grand nombre de ses membres exercent leurs activités dans tout le Canada. Pour cette raison, l’harmonisation, l’uniformité et la collaboration sont si importantes. L. El-Hadi a été du même avis et a ajouté que se conformer à plusieurs organismes de réglementation régionaux est coûteux pour une nouvelle entreprise. Par exemple, supposons qu’une entreprise fabrique et distribue ses produits en Ontario, où les capitaux sont peut-être déjà limités, et qu’elle souhaite s’implanter en Alberta. Dans ce cas, elle aura besoin de plus de capital pour développer l’entreprise et devra engager un avocat qui connaît le contexte de conformité réglementaire de l’Alberta. Elle a fait remarquer que si les organismes de réglementation veulent favoriser l’innovation, ils doivent examiner comment ils peuvent abaisser autant que possible les barrières financières afin de soutenir les nouvelles entreprises. Les EEA de l’ARSF sont un excellent moyen d’y parvenir.
En ce qui concerne la réussite, le fait d’essayer une nouvelle solution s’accompagne presque toujours d’un risque. Il est très peu probable que 100 % des projets d’innovation que l’ARSF entreprend soient viables. Ce n’est pas un point négatif, mais plutôt une réalité. K. Martin demande à S. Appave si l’ARSF doit expliquer clairement ce point aux entreprises, afin de leur éviter de se fier à un mauvais indicateur pour déterminer la réussite. S. Appave a répondu que les entreprises doivent tenir compte de plusieurs éléments distincts lorsqu’elles envisagent d’effectuer des tests dans l’EEA de l’ARSF. Tout d’abord, les entreprises reçoivent de nombreuses informations sur la viabilité de leur produit ou de leur modèle d’entreprise. Elles pourront ainsi savoir si les consommateurs s’intéressent à ce qu’elles proposent. Ces informations peuvent, d’une certaine manière, valider le potentiel de réussite. Deuxièmement, les entreprises comprendront mieux les aspects réglementaires qui touchent leurs produits ou leurs technologies. L. El-Hadi a mentionné que, selon les découvertes de l’ARSF, sur 10 nouvelles entreprises technologiques, 8 ou 9 ne réussiront pas. Cette statistique peut être intimidante pour les entrepreneurs. Pour cette raison, il est nécessaire de stimuler l’innovation et de mieux en suivre l’évolution afin d’évaluer si ce taux d’échec diminue chaque année. Il est difficile d’évoluer dans ce secteur, nul n’en doute. Par conséquent, les organismes de réglementation et les institutions financières doivent faire tout ce qui est en leur pouvoir pour aider les gens à y travailler et à s’y retrouver.
Pour conclure le webinaire, chaque conférencière a remercié l’ACIFA et a encouragé tous les participants à contacter l’ARSF ou Fintech Cadence s’ils souhaitaient poursuivre la discussion. K. Martin a remercié les conférencières et tous les participants et a mis fin au webinaire.
L’avenir de l’assurance protection de crédit au Canada : soutenu par la technologie et les choix des consommateurs
Par Keith Martin, directeur exécutif, ACIFA.
Le secteur canadien de l’assurance est en pleine transformation en raison de l’innovation technologique et de la demande croissante des consommateurs qui privilégient l’expérience numérique. Une annonce récente du gouvernement a mis en évidence l’engagement du gouvernement fédéral à améliorer l’infrastructure numérique et à favoriser l’innovation dans divers secteurs, dont celui de l’assurance. À l’Association canadienne des institutions financières en assurance (ACIFA), nous sommes d’avis que cette tendance continuera à façonner l’avenir de l’assurance protection de crédit au Canada.
Les Canadiens sont de plus en plus à l’aise pour gérer leurs finances en ligne. Selon un sondage d’Equifax Canada réalisé en 2023, 68 % des Canadiens se sentent à l’aise pour utiliser des applications mobiles de services bancaires. Cette évolution du comportement des consommateurs souligne l’importance croissante du commerce électronique et d’autres modèles de distribution parallèles dans le secteur de l’assurance, en particulier pour des produits comme l’assurance protection de crédit.
L’assurance protection de crédit (APC) est un produit essentiel pour de nombreux propriétaires canadiens. Elle offre une sécurité financière, car elle couvre les versements hypothécaires et les autres frais de logement en cas de circonstances imprévues, comme le décès, l’invalidité, les maladies graves ou la perte d’emploi.
Les nouveaux outils technologiques, comme l’intelligence artificielle, les mégadonnées et l’apprentissage machine, ont le potentiel de révolutionner la manière dont le prix, la souscription et la fourniture de ces produits d’assurance sont déterminés. Ces progrès peuvent donner lieu à des produits d’assurance plus personnalisés, à un traitement plus rapide et plus efficace des réclamations et à une meilleure évaluation des risques. Par exemple, une couverture personnalisée peut répondre aux besoins particuliers de chaque consommateur, la réduction des temps d’attente peut améliorer l’expérience durant les réclamations, et une tarification plus précise peut être déterminée en fonction des profils de risque individuels.
Aujourd’hui, les Canadiens s’attendent à un haut niveau de convivialité, de transparence et de rapidité lorsqu’il s’agit d’interagir avec leurs institutions financières, et notamment avec leurs compagnies d’assurance. Les consommateurs tiennent à avoir un accès facile à l’information et aux devis, des processus de demande simplifiés, ainsi qu’une communication et un engagement réguliers. L’évolution de ces attentes présente à la fois des défis et des occasions pour le secteur de l’assurance. En adoptant la technologie et en s’adaptant aux préférences numériques, les compagnies d’assurance peuvent créer une expérience davantage centrée sur le client et établir des relations plus solides avec leurs assurés.
À l’ACIFA, nous sommes d’avis qu’un marché de l’assurance sain et concurrentiel est essentiel pour les consommateurs canadiens. Nous plaidons pour des structures réglementaires qui favorisent un marché harmonisé, flexible et ouvert. Les Canadiens peuvent ainsi choisir où et comment ils souscrivent une couverture d’assurance, ce qui leur permet d’avoir accès aux produits et services qui répondent le mieux à leurs besoins.
L’avenir de l’assurance canadienne est prometteur. En tirant parti de la technologie et en accordant la priorité au choix des consommateurs, le secteur peut offrir une expérience plus personnalisée, plus efficace et plus accessible à tous les Canadiens. Cette démarche cadre avec l’annonce récente du gouvernement fédéral de dynamiser l’infrastructure numérique, ce qui aura pour effet de consolider la position du Canada en tant que leader en matière d’innovation numérique et de services axés sur les consommateurs.

